[Cahiers Libres] Sens Commun : réconcilier la politique avec le réel

Voici un billet écrit originellement pour les Cahiers Libres

Lors d’une soirée privée, Sens Commun a eu l’occasion de présenter ses ambitions et son esprit à des sympathisants. Voici mes impressions.

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Ce soir là, dans un bar de l’avenue de la grande armée, une assemblée nombreuse se presse pour écouter la présentation de Sens Commun. Le lieu a été choisi en référence à la manifestation qui s’est tenue, 8 mois plus tôt, à quelques mètres de là. Les plus jeunes ont 20 ans, les plus âgés quelques décennies de plus, mais la majorité des gens présents a la trentaine. Le projet est à l’image de celui qui les avait unis il y a quelques mois : résolument tourné vers l’avenir.

Sens Commun : un projet ambitieux

En discussion depuis juillet, un petit noyau dur s’est formé pour structurer ce projet. La volonté est claire : transformer le « mouvement social » de l’année dernière en engagement politique concret et se confronter à la réalité politique. Le cadre de cet engagement dépasse donc largement le seul registre du mariage pour tous. Si les manifestations rassemblaient autour de la lutte contre une loi, les valeurs défendues ne s’arrêtent pas à une certaine idée de la famille. L’idée est de réconcilier la politique avec le réel, de redonner des valeurs là où la quête de voix semble être le seul moteur. Et pour les fondateurs de Sens Commun, cela doit passer par leur famille politique naturelle, un parti de gouvernement de droite : l’UMP.

Dans la salle, des questions ont été posées : Pourquoi l’UMP ? Pourquoi ne pas créer un parti de toute pièce ? Pourquoi ne pas rejoindre un autre parti ? Et à ceux qui doutaient du choix fait de s’identifier à l’UMP, l’équipe de sens commun a répondu en toute franchise : Sens commun a pour vocation de peser dans l’UMP. Une OPA amicale, en quelque sorte. Mais pour cela, il ne faut pas faire une « leçon de caté nerveuse et stressée » dit l’un des fondateurs de Sens commun, il faut « parler à leur côté ouvert », être bienveillants et tournés vers l’avenir.

Sens Commun : un projet répondant à une attente des militants

Sens Commun détaille ses valeurs dans sa charte, en toute transparence. L’objectif est de montrer que les valeurs de Sens Commun sont celles de nombreux militants à droite, ancrés dans les régions. Ce sont les militants qui se sont exprimés en manifestant l’an passé et qui ne se reconnaissent plus dans les partis actuels. Les portes paroles du mouvement citent les nombreux acteurs de la vie politique locale qui demandent cet engagement « Venez nous aider parce-que vos idées sont majoritaires ». Sens Commun peut aussi rendre service à l’UMP en lui redonnant de la force là où elle est faible. C’est donnant-donnant. Le but n’est pas non plus de récupérer La Manif pour Tous, « Le cordon est coupé ».

Sens commun se pense comme un « sas d’engagement », un moyen d’investissement concret en politique. Il s’agit de quitter une vision trop angélique de la politique, et accepter de prendre part au débat. C’est pour cela que Sens Commun prend la forme d’une association à caractère politique. Cette structure permet à la fois de peser dans le débat, et de prendre son indépendance s’il n’y a pas de convergence. L’initiative a vocation à donner une structure à la conscience collective qui a émergé l’année passée.

Sens Commun : un projet concret

Sens commun se veut réaliste. Le projet ne durera que s’il prend, si l’influence est réelle. C’est un « CDD politique ». Les initiateurs se sont fixés un délai, si d’ici là ça ne prend pas, « On se quitte bons amis ». Et Sens Commun ne se fait pas d’illusion dans l’accueil qui pourra être fait à l’UMP ou dans les médias, mais il faut jouer le jeu. Parler bioéthique à Sarkozy, aller réveiller la conscience de Copé et recréer les conditions d’un débat sont des objectifs concrets de ce projet

Avec le lancement officiel du mouvement le 19 décembre au siège de l’UMP, l’un des événements sera la sortie du premier rapport de Sens Commun sur l’engagement civique. L’idée n’est pas d’être un enième Think tank. La réflexion est utile, mais l’action est nécessaire. Ce rapport sera donc l’occasion de formuler des propositions concrètes et de montrer la crédibilité du mouvement.

La question du leader est éludée : « On verra dans 6 mois. Le leader est peut-être parmi vous. Il l’ignore peut-être. » Il y a des places à prendre donc. Et une phrase revient souvent « Sens Commun n’est pas à nous ». Wait and see. Pour ma part, j’attends la suite avec intérêt.

[Cahiers Libres] Sens Commun : réconcilier la politique avec le réel

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